- 2026-10-28

Actualités Ukraine : Poutine a passé une grande partie d'un appel de 90 minutes avec le président finlandais Stubb et le premier ministre norvégien Støre à critiquer l'histoire slave médiévale, plutôt qu'à discuter d'un cessez-le-feu en Ukraine. Les discussions n'ont abouti à peu près à rien, car Poutine a maintenu ses exigences.

Image d'illustration de l'appel entre Poutine, Stubb et Støre

Un appel téléphonique de 90 minutes entre le président russe Vladimir Poutine, le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a pris une tournure pour le moins inattendue, selon les informations rapportées par le Financial Times et relayées par Clash Report. Au lieu de discuter des modalités d'un cessez-le-feu en Ukraine, Poutine a consacré une grande partie de l'échange à une longue dissertation sur l'histoire slave médiévale.

Selon des sources proches des discussions, le dirigeant russe a entrepris de « corriger » ses interlocuteurs sur des points historiques remontant à la Rus' de Kiev, à la principauté de Moscou et à l'influence de la Horde d'or. Poutine aurait notamment insisté sur sa vision selon laquelle Moscou serait le véritable héritier de la civilisation slave, rejetant les interprétations historiques défendues par les pays nordiques.

Le président finlandais Stubb et le Premier ministre norvégien Støre, qui espéraient obtenir des avancées sur la question d'un cessez-le-feu, ont vu leurs espoirs douchés. À l'issue de l'appel, les deux responsables européens ont dû se contenter d'un constat d'échec, les discussions n'ayant abouti à « peu près à rien » selon les termes employés par les sources citées.

Poutine a maintenu ses exigences maximalistes, notamment la reconnaissance de l'annexion des régions ukrainiennes occupées, la neutralité de l'Ukraine et la levée des sanctions occidentales. Ces conditions, jugées inacceptables par Kyiv et ses alliés, rendent toute perspective de négociation crédible extrêmement difficile à court terme.

Cet épisode illustre la stratégie du Kremlin consistant à utiliser des arguments historiques et idéologiques pour justifier ses ambitions géopolitiques. En réécrivant l'histoire slave, Poutine cherche à légitimer l'idée d'une sphère d'influence russe sur l'Ukraine et les pays voisins, tout en délégitimant les souverainetés nationales de ces États.

Les réactions occidentales n'ont pas tardé. Plusieurs diplomates européens ont qualifié cet appel de « manœuvre dilatoire », estimant que la Russie n'a aucune intention sincère de négocier une paix juste. Ils soulignent que Moscou continue de privilégier une approche militaire, tout en tentant de diviser ses interlocuteurs par des arguments historiques controversés.

Ce n'est pas la première fois que Poutine utilise des références historiques pour justifier ses actions. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il a multiplié les déclarations sur l'unité des peuples slaves et sur la prétendue « russification » de l'Ukraine, des thèses largement rejetées par les historiens indépendants et les gouvernements occidentaux.

Cette discussion avortée intervient alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit s'intensifient, mais restent bloqués sur des positions irréconciliables. La Finlande et la Norvège, membres de l'OTAN et voisins de la Russie, jouent un rôle actif dans la recherche de solutions, mais se heurtent à l'intransigeance du Kremlin.

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