- 2026-09-23
L'Union européenne a conclu un accord sur la reconduction de ses sanctions contre la Russie, tout en décidant de retirer de la liste deux des oligarques russes les plus en vue : Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman. Cette décision, annoncée par le journaliste Rikard Jozwiak, marque un tournant dans la politique de sanctions de l'UE.
Selon les termes de l'accord, les sanctions contre les quelque 3000 autres personnes et entités figurant sur la liste ont été prolongées de 36 mois supplémentaires. Cette prolongation massive témoigne de la volonté des États membres de maintenir la pression sur Moscou, malgré les divergences sur certains dossiers individuels.
Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman sont deux des hommes d'affaires russes les plus connus au niveau international. Ousmanov, magnat de l'acier et des télécommunications, et Fridman, fondateur du groupe Alfa, ont vu leurs avoirs gelés et leurs déplacements restreints par l'UE depuis le début de l'invasion de l'Ukraine.
Leur retrait de la liste des sanctions a suscité de vives réactions, notamment de la part de la Lettonie. Selon Rikard Jozwiak, la Lettonie a annoncé qu'elle appliquerait des sanctions nationales contre ces deux individus, en réponse à cette décision européenne. Ce geste de Riga témoigne de la fracture au sein de l'UE sur la question des sanctions.
D'autres États membres pourraient suivre l'exemple letton. Plusieurs pays d'Europe de l'Est, particulièrement sensibles à la menace russe, ont exprimé leur désaccord avec cette décision. Ils estiment que l'UE envoie un mauvais signal à Moscou en épargnant certains des soutiens les plus riches du régime russe.
Cette décision de l'UE reflète les difficultés à maintenir l'unité sur les questions de sanctions. Certains États membres, notamment la France, sont accusés de s'opposer à des mesures plus strictes ou de préférer une approche plus mesurée. La question des avoirs russes gelés et de leur éventuelle confiscation divise également les Vingt-Sept.
Les sanctions européennes contre la Russie ont été adoptées en plusieurs vagues successives depuis février 2022. Elles visent des secteurs entiers de l'économie russe, des centaines d'entreprises et des milliers de personnalités politiques, militaires et économiques. Leur reconduction tous les six mois fait l'objet d'intenses négociations.
L'annonce de cette décision intervient alors que l'UE cherche à maintenir une position ferme face à la Russie, tout en gérant les conséquences économiques des sanctions sur ses propres économies. Le débat sur l'équilibre entre fermeté et pragmatisme devrait se poursuivre dans les mois à venir.