- 2026-02-23

La Hongrie bloque le 20e train de sanctions de l'UE contre la Russie

Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce de Hongrie a annoncé aujourd'hui que son pays s'opposerait au 20e train de sanctions de l'Union européenne contre la Russie, prévu pour adoption lors du Conseil des affaires étrangères de demain. Cette décision marque une nouvelle escalade dans les tensions entre Budapest et Bruxelles.

La position hongroise est claire : tant que l'Ukraine n'aura pas repris le transit de son pétrole vers la Hongrie et la Slovaquie via l'oléoduc Druzhba, Budapest empêchera toute décision importante concernant Kyiv d'être prise au niveau européen. Cette condition constitue un obstacle majeur à l'adoption du nouveau paquet de sanctions.

L'oléoduc Druzhba, l'un des plus grands réseaux de pipelines au monde, est essentiel pour l'approvisionnement énergétique de plusieurs pays d'Europe centrale et orientale. La suspension du transit de pétrole via cet oléoduc a des conséquences économiques significatives pour la Hongrie et la Slovaquie, qui dépendent fortement de cette source d'énergie.

Le ministre hongrois a souligné que son gouvernement ne peut accepter que des décisions affectant la sécurité énergétique de son pays soient prises sans que ses préoccupations légitimes soient prises en compte. La position de la Hongrie reflète une approche pragmatique où les intérêts nationaux priment sur la solidarité européenne.

Cette annonce intervient dans un contexte de relations tendues entre la Hongrie et l'Ukraine, notamment en ce qui concerne les droits de la minorité hongroise en Ukraine et les questions énergétiques. Le gouvernement hongrois a régulièrement utilisé son droit de veto au sein de l'UE pour défendre ses intérêts nationaux.

Le 20e train de sanctions envisagé par l'UE viserait à renforcer les restrictions économiques contre la Russie en réponse à la poursuite du conflit en Ukraine. Cependant, l'opposition hongroise pourrait compromettre son adoption et créer des tensions supplémentaires au sein de l'Union européenne, déjà confrontée à des défis internes et externes considérables.

Les diplomates européens s'attendent à des négociations difficiles lors du Conseil des affaires étrangères de demain, alors que la Hongrie semble déterminée à maintenir sa position. La Slovaquie, également affectée par la suspension du transit pétrolier, pourrait soutenir la position hongroise, renforçant ainsi le blocage.

Cette situation met en lumière les vulnérabilités énergétiques de certains États membres de l'UE et la complexité de maintenir une unité européenne face à des intérêts nationaux divergents. La question du transit pétrolier via l'oléoduc Druzhba devient ainsi un enjeu géopolitique majeur.

Les analystes politiques notent que ce veto hongrois pourrait avoir des répercussions plus larges sur la politique étrangère européenne, en particulier sur la capacité de l'UE à maintenir une position unifiée face à la Russie. La crédibilité de l'Union en tant qu'acteur géopolitique pourrait être remise en question si elle ne parvient pas à surmonter ces divergences internes.

La Commission européenne suit de près l'évolution de la situation et pourrait proposer des mécanismes de compensation pour répondre aux préoccupations hongroises et slovaques. Cependant, aucune solution immédiate n'a été annoncée, laissant planer l'incertitude sur l'issue du Conseil des affaires étrangères.

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